ACTE TROISIESME
SCENE PREMIERE

PED. Cest ville me semble tout changée depuys le temps que ie n’y fu. Bien est vray que ie n’y demeuray qu’vn peu en passant auecq’ l’embassadeur d’Ancorie, et alors me souuint que nos logeasmes chez le Seigneur Guissardin, toutesvoys si y demeurasmes-nous quelque six ou sept iours, que vous en semble, Fabritio, ne la recognoissez vous point?
FAB. Autant qui si iamais ie ne l’auois veuë.
PED. Ie le croy facilement, car vous en partistes si ieune, qu’il ne s’en fault esmerueiller. Or encor’ sçay-ie bien comment s’apelle la rue ou nos sommes, Voylà la palays de Rangons. Cy dessouz paise le grand canal. Ce que vous voyez là en face, s’est l’eglise cathedrale. Auez vous iamais ouy dire vn proverbe, “tu ressembles à la pote de Modena,” ou “tu es vne droit pote de Modena?”
FAB. Mile foys. Ie vous pry monstrez la moy.
PED. La voyez vous là, sur ceste trande eglise.
FAB. Est ce ceste là?
PED. Elle mesmes.
FAB. Ho, ce n’est qu’vne foyle!
PED. Vous voyez ce c’est.
FAB. I’ay encor’ autresfous ouy dire vn autre prouerbe, “tu as enterpris de mener l’Ours à Modena.” Que signifie celà? Ou est c’est Ours?
PED. Ce sont certains prouerbes intriques de tempes passé, de quibus nescitur origo.
FAB. Certes mon maistre, cest ville cy semble sentir son bien.
STRA. Et à moy me sent encor’ meilleur, car ie sents icy apres’vn odeur de rost, qui me fait venir la faim.
PED. Ne vous souuient il pas de ce que dit Cantalitio? Dulcis amor patria. Et Caton dit semblablement, pugna pro pataria. In summa id est, hoc est, significat. c’est a dire, tout autant comme qui voudroit dire, il n’est chose plus douce ne plus plaisante que le paîs.
STRA. Ma foy, maistre, ie croyerois bien que le Trebian fust encor’ plus doux et plaisant, car ie suis tout espaulé de porter ceste malle.
PED. Il semble que ces rues soient faites de neuf, oncques puys ne fus-ie en ceste ville, qu’elles estoient tant ordes, et fangeuses que c’estoit pitié.
STRA. Ha, nous amuserons tantost à conter lex carreaux, ie le voy bien vryament nous n’auons par oeuure laisée, i’aymeroys mieux que nous retirissions in quelque lieu pour boyre.
PED. Iamdudum animus est in patinis.
FAB. Mon maistre, quelles armes sont cela que ie voy?
PED. Ce sont les armes de la communauté de ceste ville, et s’appele ce que voyes dedans la Triuelle, tout ainsi comme a Florence l’on crie Marioco, Marioco, et à Venise San Marco, San Marco, et a Senes, Lupa, Lupa, ainsi en ceste ville on exclame Triuelle, Triuelle.
STRA. I’ay aymerois mieux que nous cryissions paesle, paesle.
FAB. Ho ie cognois bien celles là: ce sont les armes du Duc.
STRA. Maistre, ie voudrois vn peu que vous portissiez cest malle. May foi i’ay la bouche si seiche, qu’à grand’ peine puis ie plus papier.
FAB. Aten, aten, tu te desaltereras tantost.
STRA. Mais que ie sois mort, vous me ferez du chaudeau aux oeufz.
FAB. Ie vous prometz que de premiere entrée, ceste ville m’a semble fort belle. Que t’en semble, Stragualcia?
STRA. Ce me semble vn droit paradis, car on n’y boit ne menge. Ie vous suply’ ne perdons plus de temps à contempler ceste ville. Nous la verrons bien puys apres tout à nostre aysle.
PED. Tu verras icy vn clocher, le plus excellent qui soit in toute la machine mondiale.
STRA. Est ce cestuy là, à qui l’on dit que les Modenois vouloient faire vn estuy, de peur que la pluye ne le gastast? Duquel l’on dit aussi que l’ombre empesche les gens de passer par les rues?
PED. C’est cestuy là mesmes.
STRA. Ie suis seur que iamais ie ne partiray de la cuysine, quant à moy. Ie voise voir que voudra, parquoy ie vous pry’, messieurs, trouuons moyen de nous loger.
PED. Tu as grand’ haste.
STRA. Vertu bieu, ie meurs de faim. Ie ne sçay pas comme vous l’entendes, et n’ay mengé huy que la moytié d’vne poule, qui vous estoit demourée au bateau ce matin.
FAB. Qui trouuerons-nous qui nous conduisse en la maison de mon pere?
PED. Non, non. Il me semble meilleur que nos allions premierement en vn bonne hostelerie, nous refraischir vn petit, et puys tout à l’ayse, nous irons chercer le logis.
FAB.
I’en suis content, ie croy que voicy des hosteleries.

SCENE SECONDE

LAI. Holà siegneurs, i’ay bon logis pour vous, sil vous plaist d’y demeurer. Au Mirouër, au Mirouër, messieurs.
BRO. Ha a, vous soyes les tresbien venuz, messieurs. Il m’est à voir que ie vous ay logez autresfois, ne vous souuient il plus de vostre Brouillon? Entrez ceans, entrez, messieurs, c’est ceans qu’ont tousiours de coustume loger telles gents que vous.
LAI. Venez loger ches moy, siegneurs Ie vous donneray bonnes chambres, ie vous feray beau feu, vous aurez bon lictz, beaux drapz blans tous fraiz de buée. Tout sera à vostre commandement, et n’espergnez chose que vous ayez.
BRO. Ho de celà nous l’entendons bien, aussi ne ferons-nous.
LAI. Ie voulois dire chose que nos ayons.
BRO. Messieurs, ie vous donneray du meilleur vin de Lombardie, iambons, espais comme celà, saucisses de ceste longueur, pigeons, pouletz, tout ce qu’il vous plaira demander, et grand’ chere.
STRA. C’est ce que i’ayme sur tout.
PED. Et toy que dis-tu?
LAI. Ie vous donneray bons fraises de veau, beaux piedz de mouton fricassez, bon vin de montaigne, et sur tout ie vous traitemeray delicatement.
BRO. Ie vous donneray plus viandes et moins delicatesses. Si vous voulez loger chez moi, ie vous traiteray comme princes, et du payment vous en ferez ainsi que bon vous semblera. Au Mirouër, l’on vous mettra in conte iusque à la chandelle. Quant ¡a moy, faites en comme il vous plaira.
STRA. Maistre, demourons ceans, ma foy il le vault mieux.
LAI. Hé faites ce que ie vous dy, si vous voulez estre logez à vostre ayse. Messieurs, voulez vous quel’ on die que vous soyes logez au sot.
BRO. Mon sot vault mieux dix mile fois, que ne fait ton Mirouër.
PED. Speculum prudentia significat, iuxta id Catonis, “nosce teipsum.” Entendez vous pas bien celà, Fabritio?
FAB. I’entens bien, mon maistre.
BRO. On void assez bien qui a plus d’hostres communément, de toy ou de moy.
LAI. On void assez ou vont les gens de bien.
BRO. On void bien ou l’on traite mieux les honnestes gens.
LAI. On void bien qui c’est qui les traite plus delicatement.
STRA. Quel tant delicatement, delicatement. I’aymerois mieux me remplir bien la panse, et estre traité moins brauement. Que valent tant de braueries et courtisanies, c’est ¡a faire à Florentins.
LAI. Tous ceux là logent le plus souuent chez moi.
BRO. Il est bien vray qu’ilz y souloient loger, mais depuys cinq ou sex ans en ça, ilz se retirement tous souz mon enseigne.
LAI. Garçon mon amy, boute bas ceste malle, ie voy bien qu’elle te rompt les espaules.
STRA. Ne te soucye pas de celà, toy, car ie ne vueil poinct descharger mes espaules, si ie ne sçay premierement out ie doy charger mon ventre.
BRO. Te sufira il pour ta portion d’vne bonne paire de chapons? Aporte hau? Tien, voy tu? Celà sera pour toy tout seul.
STRA. Cecy ne me rassasiera pas du tout, mais c’est bien pour vn bon desieuner.
LAI. Voyes, messieurs, quel iambon? Ne semble il pas un satin cramoysi par dedans?
PED. Celà n’est pas trop mauuais.
BRO. Qui est ce de vous qui se cognoist bien en vin?
STRA. Moy, moy, mieux qu’homme du monde.
BRO. Essaye si cestuy là te sembera bon. Sinon, ie t’en bailleray d’vne autre sort.
STRA. Brouillon, may foi, à mon avis que tu entens mieux les matieres que ne fait pas l’autre, car tu monstres la maniere de boyre deuant que l’on soit au logis. Que ie taste si ton vin est bon ou non, ho maistre voyla bon vin. Tien, tien, pren ceste malle.
PED. Aten, aten encor’ vn peu. Et toy, que dis tu?
LAI. Ie dy moy, que gens de bien et d’honnesteté ne demandent point à se remplir la panse de tant de viandes, mais de peu, bon, et delicat.
STRA. Cestuy cy doit estre quelque hospitalier, ou hoste de gens malades.
PED. Tu ne dis pas trop mal, que nous donneras-tu?
LAI. Demandez.
BRO. En vrayement, messieurs, ie m’esmerueille de vostre opinion. Quand on sert beaucoup de viandes sur table, l’homme en peult manger tant et si peu qu’il luy plaist, ce qui n’auient pas quand on n’en sert que vn petit. D’auantage, quand la personne commence à menger, c’et alors que l’apetit commence à croistre, et par ainsi faulte de viande il se fault remplir l’estomac de pain.
STRA. Tu es plus sage que n’est un Docteur en Theologie, va. Ie ne vy oncques homme qui entendist mieux mon affaire que toy, ie t’ayme!
BRO. Compagnon, va un peu iusques à la cuysine, et voy que s’cest qu’il y a.
PED. Omnis repletio mala, panis autem pessima.
LAI. Venez et entrez ceans, mes seigneurs, car celà n’est pas trop bon de demourer la dehors à la froidure.
FAB. Ah nous ne sommes pas si frileux, Dieu mercy.
BRO. Messieurs, il est bien vray que ceste hostelerie du Mirouër souloit estre l’vne des meillures hosteleries de Lombardie, mais incontinent que i’eu ouuert ceste cy, il n’y loge plus en vn an dix personnes, et a plus de bruit ceste mienne ensigne par tout le monde que hostelerie qui soit. Ceans logent Angloys et Flamens en grande quantité. Allemans, o combien y en vient il!
LAI. Tu ne dis pas vray de celà, car les Allemans ont de coustume de se loger au Pourcelet.
BRO. Ceans arriuent Milanois, Parmesans, Plaisantins.
LAI. A mon logis viennent Françoys, Venissiens, Geneuoys, Florentins.
PED. Ou logent les Napolitains?
BRO. Chez moy.
LAI. Laissez de dire, messieurs, il se moque, car ilz logent, la plus part, au Dieu d’Amours.
FAB. Le Duc de Melfe, ou loge il?
LAI. Aucunesfoys chez moy, aucunesfoys chez lui, vn iour a L’Espée, l’autre au Dieu d’Amours, selon qu’il luy vient en fantasie.
PED. Ou est ce que logent les Romains? Pource que nous sommes de Rome.
LAI. Chez moy.
BRO. Il n’est pas vray. On n’en trouuera pas vn en vn an qui s’y loge. Bien est vray que quelques Cardinaux, de plus anciens, s’y sont aucunesfoys logez par vne certaine acoustumance, mais les nouueaux tous viennent fraper la teste à ce Sot.
STRA. Ie ne partiray huy de ceans, se le deuois estre fessé par le carrefours, voysent ces veaux ou il leur plaira. Magister mon amy, il y a leans tant de potz au tour de feu, tant de potages, fricasées, entrées de tables, broches plienes de pigeons, chapons, connins, perdriz, beccasses en rost, en paste, brouillu, rauaudé, tracassé, plus de tartes, plus de saucisses, que quand se seroit pour faire vn festin de Caresme prenant à toute la courte de Rome, celà sufiroit.
BRO. T’a l’on donné a boyre?
STRA. Mais quelz vins? Ah il n’en fault point parler.
PED. Variorum ciborum commixtio pessimam generat digestionem.
STRA. Bus, asinorum, buorum castronorum, rattê, vattaté pecoronibus Quel dyable barbouillez vous icy en vostre Latin? Que le feu Saint Anthoine vous ardre les iambes, tant vous allez lachement, vous et autant de magisters qu’il ya en ce monde, vous me semblez vn droit maistre veau. Dominé entrez ceans, entre ceans, entrez.
FAB. Ou logent les Espagnolz?
BRO. A dyable! Ie ne veux auoir que faire ne que souder auecq’ eux, il me semble toutesfois qu’ilz logent au Lyon Rampant. Mais que vous fault il tant dire? Vne foys pour toutes, il n’y a personne qui voyse par païs, qui ne vienne loger à mon enseigne, excepté, sans plus, les Senois. Lesquelz, pour ce qu’ils sont quasi comme vn mesme chose auecq’ les Modenois, n’arriuent iamais gueres en ceste ville qu’ilz ne trouuent plus d’vn cent de leurs amys, qui les meinent loger chez eux, mais quasi tons les autres seigneurs, grand monsieurs, pauures, riches, souldatz, et tous bon compagnons, acourent à ce Sot, de si loing qu’ilz le voyent.
LAI. Ie vous de que tous Docteurs, iuges, religieux, gens de letres logent chez moi.
FAB. Maistre, qu’est il de faire?
PED. Etiam atque etiam cogitandum.
STRA. Auf, estomac mon arcy. Eslargiz toy hardment, car ie sçay bien que pour vn coup ie te donneray à faire.
PED. Ie regardois, Fabritio, que nous ne sommes pas beaucoup chargez d’argent.
STRA. Domine, i’ay veu leans vne des filles de l’hoste, mon amy, belle comme vn ange.
PED. Or sus, demourons doncq’ ceans, car vne foys si nous pouuons recontrer le bon pere, il payera nostre escot.
STRA. Cous semble il que ce soit moque, i’ay desia bien beu quatre bonnes foys, et si n’ay encor’ conté qu’vne. Ah ie ne me partiray huy de cestre cuysine que ne m’essaye de tout ce qu’il ya en broche, et puis mon amy ie m’en voys me mettre à dormir, tout du long de ce beau greand feu, et foing pour ceux qui espergnent des rentres.
LAI. Souuienne toy, Brouillon, que tu m’en as fait par trop, et croy que vn iour nous rompons la teste l’un à l’autre, et à bon escient.
BRO. Ie ne t’y sçaurois que faire. Nous ne scaurions plus tost qu’à ceste heure.

SCENE TROISIESME

VIR. Ce sont les belles coustumes que tu luy as enseignées? C’est l’honneur qu’elle me fait maintenant, malheureux que ie suis! Ay-ie eschape tant de fortunes pour voir ma maison tant destruite, ma fille deuenue meschante pour estre mis aux contes et chansons publiques, poiur iamais ne pouuroir plus haulser le front deuant le monde, pour estre monstrée au doigt des petitz enfants, deschassé du nombre de tous bons viellards, mis aux ieux de la bazoche, reduit pour exemple aux fables de cent nouuelles, tenu sur les rengs aux caq-uetz des achouchées? Et pensez si elles ne s’enquestent pas de tout? Pensez si elles ne prennent pas plaisir à blasmer vn chacun? Ie croy fermement que desia tout mon cas se sçait par tout la ville! Ha de celà ie m’en puis bien tenir tout asseuré. Il n’en fault seulement qu’vne d’entre elles qui se scache, incontinent en moins de troys heures, le bruit en court par tout la ville. O pauure et miserable pere, douloureux, plein d’ennuy et de fascherie! Virginio pauuere viellart! Que feras-tu desormais? A quoy dois-tu penser maintenant?
CLE. Vous ferez tresbien d’en mener le moins de bruyt que vous pourrez, et de penser à pouruoir au reste le mieux que faire se pourra, et la faire returner au logis le plustost qu’il sera possible, a fin que l’on n’en sçache riens par la ville. Mais non plus eust elle de vie au corps seur nouuellante, comme ie penserois qu’il fust vray que Lelia allast habillée en paige par la ville. Regardez bien que le religieuses n’ayent controuué ces propoz, pour la vouloir faire conuerse, à fin que vous leur laissiez tout voz biens.
VIR. Comment? Penserois’tu doncq’ qu’il ne fust pas veray? Qui plus est, elle m’a encor’ dit d’auantage que ma fille fert de paige, et est demourante auecq’ vn gentilhomme de ceste ville, et que le gentilhomme ne s’est point encor’ aperceu qu’elle soit fille.
CLE. Tout celà pourroit bien estre, mais quant à moy, ie n’ey croyray iamais riens.
VIR. Ne moy aussi, ie ne croyrois iamais qu’elle ne fust fille.
CLE. Ie ne dy pas celà.
VIR. C’est moy que le dy, car le cas me touche trop. Toutesfous que la faulte vient de moy qui te l’a baillay iamais à nourrir, veu que ie sçauois bien, et cognoissois tes complexions.
CLE. Virginio, ne parlons plus si auant. Si i’ay esté meschante, ç’a esté par vous, qui m’aues fait telle, et sçauez bien que si ce n’a esté vous, iamais autre ne me fut rien que mon mary. Ie vous dy que les ieunes filles de maintenant voulent estre autrement traitées que vous ne la traitez. Mais aussi puys qu’il fault que ie le vous die, n’auez vous point de honte de la vouloir marier à vn viellart r’assoté, qui pourroit bein estre son pere grand?
VIR. Et qu’est ce qu’ont les vieillards, qui ne sont bons, bolistresse que tu es? Ils valent aucunesfois mieux, et de beaucoup encor’, que ne font pas vn tas de ieune folastres.
CLE. May foy vous n’estes pas à ceste heure en vostre bon sens, ie le voy bien, et pourtant, c’est bien raison que chacun cognoisse vostre folie, et vous monstre vote belaune.
VIR. Si ie la puis vne fous recontrer, ie le traneray par les cheueux iusques à la maison.
CLE. Vous ferez ainsi que celuy que se mist luy mesmes les cornes sur la teste pour se faire mieux à cognoistre.
VIR. Quand celà me seroit auenu, ie ne m’en soucirois pas trop. Car si ie me mettois les cornes, ie me les sçaurois bien oster.
CLE. Or bien doncq’, gouuernez vous à vostre fantasie, et par ainsi vous n’en aurez point de mal à la teste.
VIR. Ha l’on m’a baillé les enseignes comment elle est vestu en garçon! Ie la trouueray, et tant cherceray qu’ell me retournera entre les mains. Et puys l’on verra que ie luy feray.
CLE. A vostre bon plaisir soit, ie me veux retirer d’icy, car ie voy bien que c’est temps perdu de vouloir lauer des charbons.

SCENE QUATREIESME

FAB. Pendant que mes deux galans se reposent, ie m’en vois esbatre vn petit à me proumener par ceste ville. Mails qu’ilz soient esueillez, dy leur qu’ilz me viennent chercher vers la grand’ place.
BRO. Monsieur, croyez que si ce n’estoit que ie vous ay veu vestir ces habitz, i’eusse iuré que vous fuissiez un ieune gars, paige d’vn gentilhomme de ceste ville, laquel va ainsi vestu de blanc comme vous, et vous resemble si bien de tout en tout qui’il n’y a quasi rien à dire des deux.
FAB. Ce pourroit bein possible estre quelque mien frere.
BRO. Il est possible.
FAB. Ecoute, mon amy, Dy à mon maistre, mais qu’il soit esueillé, qui’il s’enquiere du personnage qi’il sçait. Entens-tu bien?
BRO. Laissez en faire à moi.

SCENE CINQUIESME

PAS. En bonne foy la voycy. I’auois paour de tracasser par toute ceste ville auant que le trouuer. Fabio mon amy, vous soyez le tresbien trouué. Ie vous venois chercher, mon petit mignon, vous m’auez ostée de grand’ piene. Mon petit amy, ma maistesse dit que pour quelque afaire qui touche grandement vostre honneur et le sien, que vous transportez tout maintenant en son logis. Ie ne sçay pas bonnement que c’est qu’elle vous veult.
FAB. M’ayme, qui est vostre maistresse?
PAS. Pour ce que vous ne le sçauez pas bien! En bonne foy de verité que l’vn et l’autre ce sont tresbien atachez.
FAB. Ie ne pense point m’y estre encor ataché, toutesfois si elle le veult, il ne tiendra pas à moy que ne nous atachons l’vn à l’autre, à bon escient et de brief.
PAS. A quoy tient il doncq’ que vous estes tous deux si couardz? O que ie n’ay encor’ mon pellisson de vignt ans! Croyez que ie me ferois rechaufer la cropier à bon escient. Et si i’estois que de vous deux, i’eusse desia mis toute suspition dehors, et tous respectz de costé. Toutesfous ie croy que vous le ferez à la parfin, ie m’en doute.
FAB. M’ayme vous ne me cognoissez pas bien. Allez, allez, vous me prenez pour vn autre.
PAS. Ie vous pry’ ne l’ayez point à mal, Fabio mon amy, car ce que ie vous dy, c’est pour vostre grand profit.
FAB . Il ne le pren point à mal autrement. Mais si est ce que ie n’ay pas le nom que vous me donnez, et ne sçay pas qui vos pensez qui ie sois.
PAS. Or faites en tous deux ainsi que vous l’entendrez. Mas escoutez encor’ ce mot. Croyez que l’on trouuera en ceste ville peu de ieunes dames aussi riches et aussi bien auenantes en matiere d’entretien qu’est ma maistresse, et voudrois tresbien que vous vuydrissiez le mains de ceste brouillerie. Car d’aller toute iour deuant et derriere, et aduancer paroles de çà et de là, en donnant ocasion de parler aux gens, sans aucun profit que vous y puissies auoir, et auecq’ bien petit d’honneur pour elle, celà me semble vn peu troup fascheux.
FAB. Vertu bieu que peult ce estre cecy? Ie ne puis bonnement entendre ce cas, ou que ceste cy est folle, or qu’elle m’a pris pour vn autre. Si veux-ie voir en quel lieu elle me voudra mener. Allons doncq’?
PAS. Au, il me semble que i’ay ouy des gens en la masion. Arrestez vous un bien petit icy autour, et m’atendez tant que i’aye veu si Ysabelle est seule leans. Ie vous feray signe que vous entriez, mais qu’il n’y aye personne.
FAB. Ie veux atendre, voir quelle fin aura ceste fable. Car il seroit bien possible que ceste cy fust seruante de quelque cortisane, et me pense ioncher de quelque escu. Mais elle s’abuse bien, car ie suis parent des Espaignolz en celà. L’aymerois mieux tirer vn escu du sien, qu’elle eust un soul du mien. Ie me doute que l’un de nous detira de rest à l’autre. Laissez vn peu que i’entende à ceste affaire, et que ie voye quelles gens ce sont qui entrent, et que sortent de leans, pour sçauoir de quelle race est ceste damoyselle.

SCENE SIXIESME

GER. Or tu me pardonneras doncq’. Car s’il est ainsi, ie te la renonce de ceste heure, et n’y pensons plus. Car i’estime que si ta fille a fait ce que l’on dit, elle l’a fait pource qu’elle ne veult point de moy. Encor’ ie me doute qu’elle n’en aye pris vn autre.
VIR. Ne croy iamais celà, Gerard. Penseroys-tu que ie te vousisse seduyre? Ie te pry’ n’y pense plus.
GER. Ie te pry’ aussi ne m’en parle plus.
VIR. Voire mais, serois-tu bien homme pour faulser ta promesse?
GER. Ouy bien à qui m’a faulse la sienne. Tu n’es pas encor’ bien si tu pourras r’auour ta fille ou non, et toutes fois tu meveux vendre l’oyseau sur la branche. Penses-tu que ie n’aye pas bien ouy ce que tu en as deuisé auecq’ Clemence?
VIR. Si ie ne la recouure, ie ne veux point que tu la prennes. Mais aussi, si ie la recouurois, voudrois-tu pas que les noces se fissent incontinent?
GER. Virgie i’ay eu espousée, Dieu mercy, la plus honorable femme qui fust en ceste ville. Ie te puis bien asseurer de celà, dont i’ay encor’ vne fille qui semble un petite columbe. Voudrois-tu maintenant que ie prinse en ma maison vne garce, qui s’est enfuye de chez son pere, et va tous les iours de çà et de là, de maison en maison, habillée en homme, ainsi que sont les filles communes et deshonestes? N’entends-tu pas bien que ie ne pourray puys apres trouuer à qui marier ma fille?
VIR. Point, point, d’icy à cinq iours on n’en parlera plus, il n’en sera plus de nouuelle. Que penses-tu que ce soit? Il n’y a que toy et moy qui en sçachent rien.
GER. Mon amy, le bruit en courra tantost par toute la vile.
VIR. Hé tu t’abuses.
GER. Combien y a il qu’elle s’en est enfuye?
VIR. Hier soir, ou ce matin, que ie ne mente.
GER. Dieu le vueille. Mais comment sçais-tu qu’elle soit en ceste ville?
VIR. Ie le sçay bien, ne t’en soucye.
GER. Or trouue la doncq’, et nous en parlerons puys apres.
VIR. Voire mais, prometz moy doncq’ de la prendre.
GER. I’y penseray.
VIR. Or sus, dy moy que tu le feras.
GER. Ie ne t’en asseureray poit autrement.
VIR. Quel mais? Dy hardiment le mot.
GER. Allons tout beau. Et bien qu’y a il, que dis-tu, Pasquette? Que fait Ysabelle?
PAS. Et que voudriez vous q’elle fist la pauure fille! Elle est toute iour à genoux en sa chapelle deuant son petit autel à prier Dieu.
GER. Or benye soit elle de Dieu! I’ose bien dire que i’ay la fille la plus honeste qui soit en ce monde. elle vous est tousiours en priere et oraison. Ie vous asseure que c’est le plus grand cas que ie vy oncques, et ne croy point qu’elle ne deuienne en sainte quelque iour.
PAS. O que vous en dites bien la verité! Dieu en est tesmoing, s’elle ne ieusne pas toutes le bonnes veilles de l’année, et dit son seruice come vne petite nonne.
GER. Elle ressemble en celà à la benostre ame de sa mere.
PAS. Vous dites vray de celà, sire. O les grandes austeritez que faisoit la pauure femme! Les disciplines qu’elle se faisoit bailler tous les iours, et les heres qu’elle portoit iour et nuict valoient pous que tout ce que font les autres femmes du iourd’huy. Elle estoit aumosniere pour la vie, et si n’eust esté pour l’amour de vous, il ne fust iamais entré prebstre, ne religieux, ne pauure homme à son huys à qui elle n’eust donné ou presté de bon cueur tout ce qu’elle auoit.
VIR. Voylà la tresbonnes complexions.
PAS. Ie vous veux bien dire d’auantage qu’elle s’est leuée plus de deux cents foys trois ou quatre heures deuant le iour pour aller à la premiere messe aux Cordeliers, à cause qu’elle ne vouloit point estre veuë ne tenue comme vne porchite, ainsi que sont vn tas de mengeuses de crucifix, et esgratigneuses de saints, que ie cognois bien en ceste ville.
GER. Comment celà? Porchite! Que veux tu dire par ce mot là?
PAS. Porchite? Ouy, comment voudriez vous donc que ie disse?
VIR. C’est vne vilaine parole.
PAS. Si sçay-ie bien, que ie luy ay autrefois ouy dire ainsi?
GER. Tu veux dire ypocrite, ie m’en doute.
PAS. Il est bien possible. Mais ie vous ose bien dire que la fille le fera encor’ mieux que sa mere.
GER. Dieu le vueille, par sa grace.
VIR. Hau Gerard, Gerard, voicy celle de qui nous parlions n’agueres. O pauure pere desolé! Voys tu s’elle se cache, pour chose qu’el le t’aye veu? Ou qu’eile s’en enfuye? Aprochons vn peu d’elle.
GER. Garde toy bien de faillir, car possible n’est ce elle point.
VIR. Qui ne la cognoistroit? Ne voy-ie pas bien tous les signes que m’a baillez seur Nouellante?
PAS. le cas va mal pour moy. Ie gage que i’en seray payée tout du long à ce coup.

SCENE SEPTIESME

VIR. Dieu gard la bella garce. Tu semble cest habit conuenable à vne honneste fille come toy? Est ce cy l’honneur que tu fais à la maison dont tu es yssue? Est ce cy la consolation que tu bailles à ce pauure vieillart? Que pleust à Dieu que l’eusse esté mort quand le t’engenderay? Car tu n’es faite que pour me faire deshonneur. Pour me mettre en terre tout vif que ie suis. O Gerard que te semble de ton accordée? Te semble il quelle te face honneur?
GER. Celà ne confesseray-ie iamais? Acordée hen?
VIR. Meschante, infaite, deshonneste. Comment il te seroit bien seant que c’est honeste homme qui cy est ne te vousist point prendre à femme, et que tu demourasses desormais sans party? Toutesfoy que i’espere qu’il n’aura point d’egard à tes foyles, et que neantmoins ne te refusera pas.
GER. Tout beau, tout beau.
VIR. Entre en la maison, vilaine, que bien maudit fut le lait que ta mere te donna, et le iour que ie t’engendray iamais.
FAB. Mais venez ça, bon homme, dites moy, n’auez vous point quelque enfans ou autres parens in ceste ville, qui vous puissent penser et gouuerner et auoir solicitude de vous?
VIR. Voyez quelle response à quel propos. Dis-tu celà?
FAB. Pource que ie m’esmerueille, que veu que vous avez si grand besong de medecine ilz vous laissant sailler hors du logis. Car en quelque autre lieu de ce païs que vous fussiez, l’on vous tendroit lyé en vne chambre bien estroitement.
VIR. C’est moy qui te deürois tenir lyée, mescante, qui’l me vient vouloir de t’estrangler maintenant de mes deus mains! Aporte moy vn costeau.
FAB. Bonne homme, venez ça, me cognoissez vous bien? Qui vous meut de me dire vilanie? Vous pensez possible que ie soys estrange, croyez certainement que ie suis aussi bien de cest ville comme vous, et filz d’aussi bon parentage, et d’aussi bonne maison que vous estes. Entendez-vous celà?
GER. Vrayement cecy n’est pas mauuais, s’il n’y à autre foyle que ce que i’y voy, ie ne refuseray pas encor’ à la prendre.
VIR. Et vien ça? Pourquoy t’es-tu partie de chez ton pere, et du lieu ou ie t’auois enuoyée?
FAB. Vous? Iamais ne m’enuoyases en nul lieu, que ie sçache. Il est bien vray que i’estoys à Rome, mais il me fut force d’en partir.
VIR. Force? Et qui t’en efforça?
FAB. Les Espagnolz.
VIR. Et maintenant, dont viens-tu?
FAB. Du camp.
VIR. Du camp?
FAB. Ouy, du camp.
GER. Ah par Dieu, ie n’en vieux donc plus.
VIR. O mal fortunée que tu es!
FAB. Sur vostre conscience soit.
VIR. Gerard, ie te pry’ mettons la en ton logis, qu’elle ne soit plus aperceuë en cest estat.
GER. Non feray pas moy, mene la, si tu veux à ta maison.
VIR. Ie te pry’, pour l’amour que ie te porte, fay vn petit ouurir l’huys.
GER. Non feray.
VIR. Escoute vn mot en l’aureille. Que est là, hau prenez vn peu garde, que ceste garse ne s’en voyse.
FAB. I’ay cogneu en ma vie beaucoup de sotz Modenoys, lesquelz ie ne voudrois nommer pour grand chose, mais sotz et hors sens comme ce vieillart (au moins que ne fussent ou lyez ou reclus) ie n’en vy iamais vn seul. Mais ie vous suply’ considerez quelle humeur luy empesche de cerueau, car, à ce que ie me suys desia aperceu, les hommes luy semblent estre femmes, et prient maintenant l’vn pour l’autre. Ie ne voudrois pas pour cent escuz ne voir la vin de ceste fantasie, pour en sçauoir raconter à ce caresme prenant aux sorz de la passion. Les voy cy qui retournent, escoutons vn peu qu’ilz voudroient dire.
GER. Ie t’en diray la verité: d’vne part il me le semble, de l’autre il m’est auis que non, et en suis en grand doute. Il vaudrois mieux l’interroguer de rechef.
VIR. Vien ça?
FAB. Que me voulez vous bon pere grand.
VIR. N’es-tu pas bien meschante?
FAB. Ne m’iniuriez point, car ie ne l’endurerois pas long temps.
VIR. Eshontée, que tu es.
FAB. Au, o, o, o, o, o, au.
GER. Laisse le dire, escoute le parler. Ne voys-tu pas bien qu’il est en sa colere, fay ce qu’il te dira seulement, et ne rebeque plus.
FAB.Mais que diable luy fault il? Qu’ ay-ie affaire, ne de luy, ne de vous.
VIR. Encores as-tu la hardiesse de parler? Vien ça, dy moy, de qui est-tu fille?
FAB. De Virginio Bellenzini.
VIR. Que pleust à Dieu, qu’il n’en fust riens, car tu me fais mourir deuant mes iours.
FAB. Vrayemenet voy là bon? Vn vieillard de soixante ans mourra deuant ses iours, autant en eust vn chacun à viure. Our mourez quand vous voudrez, car aussi bien ne seruez vous de rien en ce monde.
VIR. Ce sera par toy, et à ton dam, si ie meurs, meschante.
GER. Et laissez ces propoz ie vous pry’. Ma fille et ma soeur, m’ayme, ce n’est pas ainsi que l’on doit respondre à son pere.
FAB. Elles estoient plus meures en l’autre pannier. Ces deux viellards cy sont espris d’vne mesme humeur. Hau le beau passetemps que voicy ha, ha, ha, ha.
VIR. Tu t’en rys encor’ fais pas?
GER. Ie trouue vn tres mauuais signe à celà, quand on ne tient conte, et que l’on se moque de son pere.
FAB. Quel pere? Quelle mere? Ie n’eu iamais autre pere que Virginio, n’autre mere que Ianne. Vous ne me semblez qu’vne beste, pensez vous que ie n’aye point de parens en ceste ville?
GER. Virginio sçais-tu de quoy ie me doute que ceste pauure fille, par melencholie ne soit troublée de cerueau.
VIR. Malheureuz que ie suis! Ie m’en suis douté du commencement, quand ie vy qu’auecq’ si peu dehonte et honnesteté venois vers moy.
GER. Celà pourroit bien venire d’autre chose.
VIR. Et de quoy?
GER. Depuys q’vne fille a perdu son honneur, tout le monde est sien, elle n’a plus de honte ne demye.
GER. [sic!] Toutesfois, si a elle bonne souuenance de son pere et de sa mere, et ce neantmoins semble qu’elle ne te cognoisse point.
VIR. Faisons la entrer ie te pry’ en ton logis, puys que nous sommes se pres, car de la faire conduyre au mien, ie ne sçauroys, sans me faire moquer par toute la ville.
FAB. Quel conseil est ce que tiennent ces vieux freres de Melchisedech?
VIR. Faisons premierement auecq’ douces paroles tant que nous la puissions conduyre leans, et puys, par force, nous l’enferrons en vne chambre auecq’ ta fille.
GER. Ie le veux bien. Qu’il soit fait.
VIR. Or sus, ma fille, m’ayme. Ie ne veux plus combatre de paroles auecq’ toy, ne me colerer. Ie te pardonne tout, mais que desormais tu vueilles entendre à bien viure.
FAB. Ie vous en remercie grandement.
GER. Ainsi font les filles de bien et d’honneur.
FAB. A l’autre, c’est rentré de piques.
GER. Il me semble que celà n’est pas trop honneste, que vous soyes veuz ainsi deuiser ensemble emmy la rue, mesmement elle estant vestu de cest habit. Entrez doncq’ à la maison. Pasquette, ouure l’huys.
VIR. Entrez, ma fille, entrez.
FAB. Moy? A quoy faire? Ie n’en fera ia rien.
GER. Pourquoy celà?
FAB. Pource que ie ne veux point entrer en maisons estranges.
GER. Ceste fille est pour deuenir vne droite Pelenope. Dieu! Que ie seray heureux!
VIR. Ne disoys-ie pas tousiours que ma fille estoit belle, bonne, et honneste?
VIR [sic!] Vrayement l’habit le demonstre, quand encor’il n’y auroit autre chose.
VIR. Entre m’ayme, ie ne te veux dire que vn petit mot.
FAB. Dites le moy ici dehors.
GER. Celà n’est pas beau de faire tant de mines. Ceste maison est vostre m’ayme. I’ay espoir que vous serez vn iour ma femme. En estes vous pas bien contente?
FAB. Quelle femme? Mais voyez moy vn petit ce viellard radoté?
GER. Vostre pere m’a promis qu’ainsi seroit voys si vous luy voulez desdire.
FAB. Mais que pensez-vous que ie soys?
VIR. Or sur, ne la fay point courroucer ie t’en pry’. Escoute, ma fille, ie ne veux faire que tant et si peu que tu voudras.
FAB Hé pere grand! Vous ne me cognoissez pas bien.
VIR. Escoute vn mot ici dedans.
FAB. Dix, non pas vn. Penseriez vous que i’eusse peur de vous?
VIR. O Gerard! Maintenant que nous la tenons leans, mettons ordre, qu’elle soit en fermée dans vn chambre auecque ta fille, iusques à ce que i’aye enuoyé querir ses autres habillemens, qui sont en la maison.
GER. Tout ce que tu voudas, Virginio. Pasquette, hau Pasquette, aporte ça la clef de la chambre d’en bas, et apelle Ysabelle, qu’elle descende.

Acte IV